Descartes : pour douter il faut avoir une idée d’infini Je ne peux avoir conscience de douter si je n’ai pas l’idée d’un infini de vérité sur lequel je peux déterminer toutes choses. Seul un être doué de pensée est capable de se savoir fini. Quand Descartes dit » je doute », il se sait fini. Pour se savoir fini, il a à l’origine l’idée de l’infini correspondant. C’est une certitude pour lui. Se savoir fini implique que la raison a un rapport à l’infini. La raison finie se caractérise par le fait qu’elle a préalablement en elle une affirmation de l’infini. Je ne peux penser en moi une limitation que parce que ma pensée a, avant, en moi, une affirmation.
Descartes, Leibniz, Kant : la raison a pour exigence l’infini La raison n’est ni dans le fini ni dans le conditionné. Elle ne se satisfait pas du conditionné. Le lieu même de la raison est l’inconditionné ou infini. La situation de la raison est d’être le rapport à l’infini même.
Descartes : l’encyclopédie, une volonté d’infini ? Encyclopédie ( encyclopaedia ) : la totalité du savoir réunie en une boule. Si l’homme n’a jamais la totalité immédiate du savoir, s’il lui faut sans cesse progresser pour atteindre la vérité, peut-il vraiment prétendre à l’idéal d’infini ? Il éprouvera malheureusement toujours sa propre déficience.
Descartes : L’infini, un indéfini ? Et si Dieu voyait des limites là où nous n’en voyons pas ? Et si tout ce que l’on prend généralement pour un infini n’était en fait qu’un indéfini pour nous ? Et si Dieu seul était l’infini ? N’est-il pas la positivité parfaite, l’absence de limite ? Le perfectum, l’être parfait …… L’infini est réservé à Dieu seul, absolue positivité de l’idée d’infini. C’est toute la différence avec l’idée d’indéfini. Le véritable infini est en actes, il n’est pas potentiel.
Descartes : l’être fini aperçoit l’être infiniment infini ? Cette question pose le problème du rapport entre le fini et l’infini. Nous sommes des êtres finis et pourtant il semble que nous pouvons percevoir quelque chose d’un être infiniment infini. Comment cela est-il possible ? Pour Descartes, c’est grâce à l’intuition intellectuelle que nous pouvons concevoir ce passage. L’idée de Dieu relève ici de la métaphysique et non pas de la religion. C’est un « philosophème » qui occupe une place centrale dans la philosophie de Descartes.
Le Dieu cartésien et l’infini Chez Descartes, le doute balaie tout : cogito et vérités. Il faut donc rétablir une permanence du vrai, découvrir une vérité qui garantisse cette permanence et qui ne dépende que d’elle-même. L’idée de Dieu apparaît. Descartes peut garantir les vérités parce qu’il existe un Dieu. Ainsi l’humain exprime son imperfection et sa finitude face à un Être parfait et infini. Pour Descartes, il y a trois preuves de l’existence de Dieu. La première preuve : l’homme, le fini est l’ouvrage d’un dieu créateur, infini. La deuxième preuve : la conception du parfait ne peut nous venir que de Dieu. La troisième : Dieu, être parfait, nous fait comprendre la nécessité de notre être. Dieu est donc le créateur libre des vérités éternelles. Dieu est infini, il est parfait. Le Dieu cartésien et l’infini