Descartes, Leibniz, Kant : la raison a pour exigence l’infini La raison n’est ni dans le fini ni dans le conditionné. Elle ne se satisfait pas du conditionné. Le lieu même de la raison est l’inconditionné ou infini. La situation de la raison est d’être le rapport à l’infini même.
Philosophie moderne : l’infini, le propre de la raison En philosophie moderne, la raison est à la fois scientifique, discursive et anhypothétique. Elle est utilisée pour un usage discursif, elle détermine les sciences de la nature. Elle établit aussi un objet qui lui est propre, l’inconditionné ou infini. La raison est en tension entre ces deux usages, entre sciences et métaphysique. Dans sa forme kantienne, cette dualité se traduit par la différence entre entendement et raison. Kant parle souvent de la voie sûre de la science, les mathématiques par exemple, pour l’opposer au champ de bataille de la métaphysique. La raison a du succès sous la forme de l’entendement qui, par son usage discursif, établit une science de la nature. En référence à Platon, ce n’est que comme dianoïa, comme raison discursive dans l’ordre de l’entendement, que la science est possible. Pour Kant, la métaphysique est une disposition naturelle de la raison. La raison est par nature métaphysique avec un objet naturel et particulier, l’inconditionné.
Leibniz : le Dieu créateur est un être infini Pour Leibniz, le monde a été créé par Dieu, être infini. Ce monde est constitué d’une infinité de monades entre lesquelles il a préétabli une harmonie logique, mathématique. Il y a une infinité de points de vue possibles sur le monde. C’est un univers vivant, constitué d’une infinité de faces, se répétant en miroir les unes les autres jusqu’en Dieu. Les monades : l’univers est constitué d’une infinité de substances individuelles, les monades. Chacune est l’expression d’un point de vue sur la totalité de l’univers. La monade est une substance sans parties, inaltérable. Chaque monade se distingue de toutes les autres par des qualités propres qui sont à chercher du côté de la perception qu’elle a de l’ensemble de l’univers. Dieu a préétabli une harmonie entre elles de sorte qu’elles se répondent les unes les autres. Leibniz : le Dieu créateur est un être infini
Leibniz : l’infini est notre élément même Pour Leibniz, entre fini et infini, il y a une continuité. L’infini est notre élément même. Il constitue le fini. L’univers est habité d’une infinité de vivant, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Pour Leibniz, il y a comme une duplication infinie des mondes. Chaque dimension est répliquée à l’infini dans toutes les autres dimensions. Chaque partie exprime le tout. Chaque parcelle exprime la totalité du monde et contient un infini. Il y a un rapport d’expression. Chaque élément exprime un point de vue sur la totalité comme un individu exprime la vue d’une ville selon le point d’où il la regarde. Leibniz découvre en fait que dans une totalité infinie, les parties peuvent elles-mêmes être infinies et de même puissance que le tout. Les variations infinies sont partout : du plus grand au plus petit et inversement. Leibniz : l’infini est notre élément même