Spinoza : l’idée de substance une, infiniment infinie, exclut totalement la notion de création Pour Spinoza, il n’y a pas de substance créatrice à partir de rien. Puisqu’il n’y a pas de néant, il n’y a pas de degrés d’être ou de perfection. Il n’y a pas de commencement qui se rapporterait à une ligne de temps. Il n’y a pas de miracle, pas de transcendance, pas de finalité. Spinoza refuse l’anthropomorphisme, lequel est le centre de la superstition et des passions tristes. La perfection est la puissance, c’est-à-dire l’essence en acte d’une chose singulière. Spinoza : l’idée de substance infiniment infinie exclut totalement la notion de création
Spinoza : l’infiniment infini n’est pas transcendant Pour Spinoza, l’infiniment infini, l’absolu, Dieu n’est pas transcendant, ni à l’ordre des choses existantes, ni à l’homme. Il n’est pas ce qui soutient les choses. C’est une totalité infinie, c’est-à-dire que rien n’est en dehors. La substance, Dieu, est cette totalité immanente. Rien n’est ni n’est concevable en dehors de la substance. Il n’y a qu’une seule substance infiniment infinie. Elle comporte des attributs en une infinité de modes. C’est une seule substance infiniment infinie, Dieu, la nature. La substance comprend tout. Tout est compris dans la substance. Mais il ne s’agit pas d’un panthéisme car Spinoza ne prétend pas passer directement l’infinité infinie à chaque chose particulière. Spinoza : l’infiniment infini n’est pas transcendant
Pascal : les deux infinis Pascal utilise les deux infinis, que lui proposent les sciences de son temps, pour situer l’homme dans l’univers et pour lui faire prendre conscience de sa situation face à la grandeur de la Création. L’homme est limité, limites au-delà desquelles Dieu est nécessaire, éternel, infini. Il n’y a pas de révélation, mais découverte d’un chemin. L’homme est voué à l’impasse s’il veut définir l’être, cependant il cherche.
Descartes : l’être fini aperçoit l’être infiniment infini ? Cette question pose le problème du rapport entre le fini et l’infini. Nous sommes des êtres finis et pourtant il semble que nous pouvons percevoir quelque chose d’un être infiniment infini. Comment cela est-il possible ? Pour Descartes, c’est grâce à l’intuition intellectuelle que nous pouvons concevoir ce passage. L’idée de Dieu relève ici de la métaphysique et non pas de la religion. C’est un « philosophème » qui occupe une place centrale dans la philosophie de Descartes.
Leibniz : le Dieu créateur est un être infini Pour Leibniz, le monde a été créé par Dieu, être infini. Ce monde est constitué d’une infinité de monades entre lesquelles il a préétabli une harmonie logique, mathématique. Il y a une infinité de points de vue possibles sur le monde. C’est un univers vivant, constitué d’une infinité de faces, se répétant en miroir les unes les autres jusqu’en Dieu. Les monades : l’univers est constitué d’une infinité de substances individuelles, les monades. Chacune est l’expression d’un point de vue sur la totalité de l’univers. La monade est une substance sans parties, inaltérable. Chaque monade se distingue de toutes les autres par des qualités propres qui sont à chercher du côté de la perception qu’elle a de l’ensemble de l’univers. Dieu a préétabli une harmonie entre elles de sorte qu’elles se répondent les unes les autres. Leibniz : le Dieu créateur est un être infini
Pascal : l’homme fini fait une erreur en cherchant à connaître la nature, infinie L’homme est fini et limité. La nature est infinie de deux manières, en grand et en petit. L’homme est mortel. La nature dure, elle est éternelle. L’homme ne fait que passer. La nature est une évolution, une révolution continue. Les choses ont leur principe et leur fin, l’homme n’en conçoit rien. Les choses sont simples alors que l’homme est composé de deux natures : âme et corps. Pascal : l’homme fini fait une erreur en cherchant à connaître la nature, infinie
Le Dieu cartésien et l’infini Chez Descartes, le doute balaie tout : cogito et vérités. Il faut donc rétablir une permanence du vrai, découvrir une vérité qui garantisse cette permanence et qui ne dépende que d’elle-même. L’idée de Dieu apparaît. Descartes peut garantir les vérités parce qu’il existe un Dieu. Ainsi l’humain exprime son imperfection et sa finitude face à un Être parfait et infini. Pour Descartes, il y a trois preuves de l’existence de Dieu. La première preuve : l’homme, le fini est l’ouvrage d’un dieu créateur, infini. La deuxième preuve : la conception du parfait ne peut nous venir que de Dieu. La troisième : Dieu, être parfait, nous fait comprendre la nécessité de notre être. Dieu est donc le créateur libre des vérités éternelles. Dieu est infini, il est parfait. Le Dieu cartésien et l’infini
Leibniz : l’infini est notre élément même Pour Leibniz, entre fini et infini, il y a une continuité. L’infini est notre élément même. Il constitue le fini. L’univers est habité d’une infinité de vivant, de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Pour Leibniz, il y a comme une duplication infinie des mondes. Chaque dimension est répliquée à l’infini dans toutes les autres dimensions. Chaque partie exprime le tout. Chaque parcelle exprime la totalité du monde et contient un infini. Il y a un rapport d’expression. Chaque élément exprime un point de vue sur la totalité comme un individu exprime la vue d’une ville selon le point d’où il la regarde. Leibniz découvre en fait que dans une totalité infinie, les parties peuvent elles-mêmes être infinies et de même puissance que le tout. Les variations infinies sont partout : du plus grand au plus petit et inversement. Leibniz : l’infini est notre élément même
Descartes : l’infini est le préalable au fini La finitude se déduit de l’infini et non l’inverse. La finitude devient privation, négation, par rapport à l’idée d’infini qui est la conception première. C’est un renversement fondamental par rapport aux Anciens. L’homme est l’être qui possède une idée de l’infini. Le cogito n’est possible qu’après l’idée de l’infini. Toute limitation contient en soi la négation de l’infini. Descartes : l’infini est le préalable au fini
Descartes : l’infini fait sortir du solipsisme. Chez Descartes, à travers le « cogito », je suis sûr de moi-même. Mais je ne suis sûr que de cela. Je suis donc dans un solipsisme. Il faut alors trouver quelque chose d’extérieur qui ne soit pas réductible à soi-même. Il faut trouver quelque chose d’objectif pour ne pas rester dans sa subjectivité, pour passer de la pensée à la réalité. Il faut trouver une garantie à la pensée. Or, le monde extérieur ne peut rien garantir. Tout est fluctuant, éphémère. La réalité sensible est superficielle. Pour garantir l’objectivité de la pensée, Descartes a recours à Dieu. Mais il faut prouver par la pensée l’existence de Dieu qui garantira la vérité de cette même pensée. C’est l’idée d’infini qui est la marque du Créateur sur sa créature. Elle est la marque de Dieu. Dieu est infini et parfait, il existe, il détient la Vérité, ce qui lui permet de me la laisser connaître et de la garantir. L’idée d’infini est ce quelque chose en moi qui me force à sortir de moi-même. C’est la présence de quelque chose extérieure à moi, le témoignage qu’il y a quelque chose hors de moi-même. Descartes : l’infini fait sortir du solipsisme